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AJ Auxerre – actu-aja.fr

Après cette nouvelle défaite face à Tours (2-1), l’AJ Auxerre continue sa descente aux enfers et plonge désormais à la dernière place de Ligue 2. Une chute qui est annoncée depuis plusieurs saisons maintenant et qui, sans changement de direction, se soldera pas une relégation en National, voire pire…

Une descente aux enfers qui est perpétuée par la direction. Souvenez-vous, c’était en avril 2013. Le club, en grandes difficultés financières est racheté par Emannuel Limido qui place Guy Cotret comme nouveau président. Depuis, l’AJA flirte plus souvent avec la zone de relégation qu’avec la montée pourtant objectif affiché depuis plusieurs saisons. Mais si l’AJA ne parvient pas à retrouver l’élite, ce n’est pas à cause de choix hasardeux (que nous détaillerons) de Guy Cotret et de son acolyte Baptise Malherbe. Non, c’est toujours de la faute des autres, avec pour cible, les entraîneurs. Bernard Casoni, Jean-Luc Vannuchi et plus récemment Viorel Moldovan, n’ont pas rempli les objectifs de la direction. Finalement les entraîneurs se succèdent mais la situation ne bouge pas. Peut-être faudrait-il chercher un autre dénominateur commun…

Mais il ne faut pas oublier la finale de la coupe de France en 2015 ! Il est là le grand succès de l’ère Guy Cotret. Si l’AJA est parvenue à titiller le grand PSG au Stade de France c’est qu’elle avait un effectif taillé pour la montée. Il faudrait seulement rappeler qu’il aura fallu attendre la demi-finale pour voir l’AJA s’imposer face à un adversaire plus solide (1-0). Car en dehors de Guingamp, les icaunais ont difficilement vaincu le Poiré-sur-Vie puis Brest, tous les deux aux tirs-au-but.

Retour au présent. Au lendemain de cette 16ème journée de Ligue 2, l’AJA est donc dernière. Un début de saison cauchemardesque qui s’explique par différents facteurs.

Un exode tous les ans

Depuis maintenant plusieurs saisons, Auxerre ne cesse de changer son effectif de moitié au mercato estival. En moyenne dix départs, et pas des moindres. Des cadres qui n’ont pas vraiment été retenus. Frédéric Sammaritano, l’un des leaders de l’équipe a vu sa prolongation de contrat accompagnée d’une baisse de salaire. Il a donc préféré rejoindre le voisin dijonnais. Cette saison, Grégoire Lefebvre a préféré quitter son club formateur pour le Red Star alors qu’il ne figure souvent même pas dans le groupe. Sans parler des départs au forcing de certains joueurs comme Amara Baby. Des dossiers très mal gérés qui amènent à la situation actuelle de l’AJA.

Un recrutement hasardeux

Qui dit départ massif, dit recrutement. Et on peut le dire, parfois c’est la foire ! Sous prétexte d’un budget minime, l’AJA racle les fonds de tiroir des clubs de bas de tableau de Ligue 2. Livio Nabab ou encore Cheick Fantamady Diarra. Incapables de peser sur le jeu offensivement. Pour les plus récents, il y a aussi le cas Mouhamadou Diaw, qui sans aucune explication, est parti alors qu’il était décrit un leader lors de son arrivée.

Cette saison, Mathis est la seule recrue au milieu de terrain alors que l’AJA souffre très clairement dans ce secteur de jeu. Offensivement, Yoann Touzghar est recruté alors qu’il ne s’accorde pas avec Gaëtan Courtet. Viorel Moldovan avait pourtant fait la demande de renforts. Dorénavant, la direction ne travaille qu’avec des agents de joueurs au niveau plus que douteux. Forcément au bout d’un moment, les miracles ne marchent plus.

De même, les contrats sont signés pour deux ans au plus long. Parfois le club fait appel à des jeunes joueurs en prêt qui font barrage aux jeunes issus du centre. Rappelez-vous de Tafsir Cherif même s’il ne sera pas resté très longtemps, une erreur de casting de plus. Aucune vision sur le long terme n’est mise en place. Il faut répondre à une problématique imminente. D’où la venue de Sehrou Guirassy au mercato hivernal 2016, ou encore la signature très onéreuse de Ludovic Obraniak. Alors certes si ces choix sont bénéfiques il faudra s’en réjouir. Mais avec une vision sur le long terme l’AJA éviterait de se mettre dans des situations d’urgence et pourrait enfin songer à l’avenir d’une manière sereine.

Un staff technique déficient

Saison après saison le staff de l’AJA s’amenuise. Depuis juin dernier les icaunais travaillent sans préparateur physique. Rémi Fournier et Alexandre Vincent souffrent tous les deux d’une pubalgie. Quid d’une mauvaise gestion ?

De même, lors de l’arrivée de Ludovic Obraniak, Pierre Bouby lui avait adressé un message. Il n’avait pas manqué de dire qu’il « allait rencontré les plus mauvais kinés de la planète ». Physiquement, les joueurs sont clairement dépassés. Un problème qui normalement devrait être résolu par le staff technique…

L’incompétence de Guy Cotret est d’ailleurs telle que les personnes en place faisant un bon travail s’en vont. On pense notamment à Jean-Marc Nobillo, qui a fait progresser le centre de formation et qui a emmené ses joueurs en finale de la Coupe Gambardella. Johan Radet a également été remercié alors qu’il souhaitait rester et avait fait remonter la réserve en CFA. La non prolongation de Johan Radet est donc un succès puisque la réserve pointe à la dernière place de son groupe avec une seule victoire en 12 rencontres. Encore un choix fabuleux…

En quelques chiffres les changements sous l’ère Guy Cotret :

– 2 directeurs généraux
– 3 directeurs au centre de formation
– 4 entraîneurs
– une cinquantaine de joueurs partis, et autant d’arrivées.

Une instabilité criante qui donne les résultats qu’on connait aujourd’hui.

Une mauvaise gestion des jeunes

Sous l’ère Jean-Luc Vannuchi, les jeunes issus du centre n’ont pas été gérés. Parfois titulaires lors de plusieurs matches consécutifs, puis même plus dans le groupe quelques semaines après. Aucune logique n’était appliquée, ne laissant pas beaucoup de place pour la progression. Cette saison, par nécessité économique et non par réelle politique comme tente de le faire croire Guy Cotret, l’AJA compte davantage sur ses jeunes. Mais alors que certains n’ont parfois pas joué en CFA, ils se retrouvent confrontés à une Ligue 2 rugueuse physiquement. Ainsi, plusieurs se sont blessés à l’image de Boto, Konaté ou encore Kilic.

Aujourd’hui, il est difficile de noter une progression significative chez les jeunes vainqueurs de la Gambardella. Grégory Berthier ne s’est jamais imposé avant de partir, François-Xavier Fumu Tamuzo et Samed Kilic ne parviennent pas à élever leur niveau de jeu suffisamment pour prétendre à être au niveau de la Ligue 2. D’autres espoirs sont encore trop frêles à l’image de Brahim Konaté ou Florian Ayé.

Et le classement des meilleurs centre de formation de France est une vaste mascarade. Les critères sont facilement utilisables à son avantage. L’AJA ne doit sa bonne place (6ème place, 1er club de Ligue 2) qu’au nombre incalculable de contrats professionnels signés à ses jeunes.

Un fond de jeu inexistant

C’était bien la peine de virer Viorel Moldovan. Guy Cotret promettait un entraîneur de Ligue 2 expérimenté. C’est donc pour ça que l’AJA a recruté Cédric Daury. Alors même si ce dernier est arrivé il y a peu, le jeu icaunais est inexistant. Il manque plusieurs joueurs sur chaque ligne. Certains sont parfois alignés à des postes qui ne sont pas les leurs, il n’existe aucune complémentarité. Difficile dans ces conditions de faire de ces onze joueurs une équipe. On assiste donc à des matches où l’AJA est incapable de produire le moindre jeu, où il faut sauter systématiquement le milieu de terrain par des ballons longs que les attaquants ne parviennent pas à récupérer. Cette faiblesse se traduit par une inefficacité offensive (Auxerre est la dernière attaque de Ligue 2 avec seulement 11 buts en 16  journées). Mais ce manque de qualité dans le jeu n’est que le résultat de l’ensemble des dysfonctionnements énumérés préalablement.

Des discours nébuleux

Guy Cotret est le professionnel du discours. A la fin du mercato, régulièrement le président de l’AJA indique qu’une grosse recrue arrivera. En 2014, il avait même parlé de recrue surprise, qui au final… n’arrivera jamais. En revanche, l’attaquant tant attendu lors de ce mercato n’était autre que Livio Nabab (3 buts en 26 rencontres). Encore un échec.

La saison suivante, Guy Cotret va encore plus loin en indiquant avoir pour objectif la première place. Avec un effectif fortement remanié encore une fois dont les départs de Frédéric Sammaritano ou encore Jamel Aït Ben Idir, l’AJA terminera à une 8ème place méritée. Contrairement à ce qui pouvait être laissé entendre, les bourguignons n’ont jamais vraiment été un prétendant à cette montée au vu des résultats à chaque fois décevants. Des discours jamais en accord avec la réalité donc.

Une image de l’AJA déplorable

En plus du niveau footballistique très faible, l’AJA se paie le luxe de détériorer son image. Guy Cotret est décrit par d’autres acteurs du football comme un président « procédurieux et belliqueux ». Mais en plus, même au niveau amateur le club voit son image écornée en partant à plusieurs reprises avec la caisse du match de Coupe de France. Rappelons que la tradition veut que le club professionnel laisse la caisse au club amateur. Une tradition dont n’a que faire Guy Cotret…

En dehors du sportif, l’AJA passe également pour des amateurs lorsque chaque année les nouveaux maillots n’arrivent qu’en septembre. Cette saison encore, les icaunais ont joué avec d’anciens maillots encore un mois et demi après le début de la Ligue 2. Et ce n’est qu’en octobre qu’ils seront commercialisés.

Une gestion financière au détriment du sportif

Comme évoqué précédemment, le mercato pâti de la gestion drastique prônée par Guy Cotret. Mais avec une meilleure gestion, les choses seraient peut-être plus simple. En investissant déjà sur les bons joueurs, cela éviterait d’empiler les salaires inutiles de joueurs au niveau insuffisant. Si au lieu de créer des loges qui sont loin d’être une priorité malgré le discours de la direction, l’AJA avait investi sur des joueurs…

La dernière bizarrerie résulte dans le transport des joueurs. Ces derniers partent parfois le matin même en avion pour des rencontres de Ligue 2. Et à côté de ça, l’AJA loue une chambre d’hôtel la veille d’un match de Coupe de France qui aura lieu… en Bourgogne ! Ca ne s’invente pas un manque de logique pareil !

Et maintenant que faire ?

Lors de sa conférence de presse officialisant son arrivée, James Zhou avait indiqué vouloir « trouver LA bonne personne pour gérer le clubs. » A défaut de l’avoir trouvé, il est maintenant évident qu’il a déniché LA personne incapable de le faire. En gardant cette direction, il est maintenant impossible de voir les choses s’améliorer. Face à des gens qui préfèrent profiter de leurs privilèges que de prendre de réelles décisions, l’AJA se meurt à petit feu. Les investisseurs chinois ont conservé Guy Cotret en tant que président. Mais en laissant ainsi pourrir la situation, il sera difficile de remonter la pente. Viorel Moldovan s’était sacrifié pour exprimer de nombreuses vérités qui dérangent. En cas d’achat au mercato hivernal, quels joueurs accepteront de rejoindre un club en ruine ? Plus on attend, plus les choses s’aggravent.

Mais ne vous inquiétez pas ! Guy Cotret a annoncé que l’année prochaine l’AJA jouerait la montée. Alors serait-ce la montée en Ligue 2 ou en Ligue 1, on vous laisse le choix de l’interprétation…

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